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10.05.2008
extraits folies à la dérive
" Cité grisâtre ; un ciel opaque forme une toiture terrifiante pour celui qui y pénètre. L’ensemble des baraques se fond dans cette sombre atmosphère, plantées là, dans un bitume datant de l’après-guerre. Une brume épaisse les entoure, menaçant un jour de les écraser. Collées les unes aux autres, elles copulent dans cet espace rectiligne. Se reproduisent-elles à l’infini ? Personne ne peut le dire. L’épais brouillard qui écume la cité vous empêche d’en savoir plus. Les rares arbres dépourvus de verdure, balayés par le vent, connaissent peut-être la réponse. Beaucoup ont essayé de les questionner mais seul un craquement moqueur se fait entendre. Veulent-ils protéger leur secret ou vous cacher la vérité ? Seule la pluie qui se déverse toute la journée a le droit de leurs parler. Curieuse, elle rebondit sur les pavés, ruisselle, gagne leurs racines et comprend son utilité. Satisfaite, elle s’évapore, rejoint le ciel ; le mystère est bien gardé.......
Pourquoi écrit-il à ses heures perdues ? S’exprimer, séduire, créer ? Rien de tout çà. Sa plume lui permet de rester conscient. Le reste, tout le blabla au service d’une pensée unique absorbé durant la scolarité, il le vomit. Facile ? On vous emmerde.
Réfugié dans sa piaule, il noircit des feuilles blanches qu’il relit, déchire. Recommencer. Assis à son bureau, le monde extérieur disparaît et la boule d’angoisse qui empoisonne son estomac s’envole. Une légèreté cotonneuse l’envahit et l’atmosphère pesante qui l’oppresse s’éloigne faisant place à une sensation de bien-être. Une drogue de plus, la meilleure.
Cloîtré dans cet univers débridé, il divague de plus en plus. Le fil de sa pensée dérive à la manière d’un voilier abandonné au gré du vent. Pourtant lorsque son esprit navigue ainsi une brise de liberté l’effleure. Le danger ? Palpable, il le sent à chaque instant. Aller au bout de ses idées le précipiterait dans le vide. Des regards désapprobateurs l’observent. Souhaitent-ils sa chute ? Qui sont-ils pour juger du haut de leur résignation ?
- « La nouvelle se répand comme une traînée de poudre, la traversée de la soif vers notre belle cité est en marche. »
L’image que te renvoie le petit écran de ta petite personne et des autres ne sera jamais qu’une illusion supplémentaire, la plus néfaste.
Courbé pour son âge, il descend les marches une à une et repart à l’usine. Une ombre. Il se voit telle une illusion traversant le monde en un soupir. Se morfondre ; personne ne le plaint. A quoi bon, il s’apitoie assez sur son sort.
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