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28.05.2008

Deux chapitres pour se faire une idée


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Chapitre 1

 

 

 

 

Il y a un gouffre entre ce que l’on conduit l’homme à faire pour qu’il devienne soi disant heureux et ce qu’il aurait pu faire en cherchant son propre bonheur. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cité grisâtre ; un ciel opaque forme une toiture terrifiante pour celui qui y pénètre. L’ensemble des baraques se fond dans cette sombre atmosphère, plantées là, dans un bitume datant de l’après-guerre. Une brume épaisse les entoure, menaçant un jour de les écraser. Collées les unes aux autres, elles copulent dans cet espace rectiligne. Se reproduisent-elles à l’infini ? Personne ne peut le dire. L’épais brouillard qui écume la cité vous empêche d’en savoir plus. Les rares arbres dépourvus de verdure, balayés par le vent, connaissent peut-être la réponse. Beaucoup ont essayé de les questionner mais seul un craquement moqueur se fait entendre. Veulent-ils protéger leur secret ou vous cacher la vérité ? Seule la pluie qui se déverse toute la journée a le droit de leurs parler. Curieuse, elle rebondit sur les pavés, ruisselle, gagne leurs racines et comprend son utilité. Satisfaite, elle s’évapore, rejoint le ciel ; le mystère est bien gardé

Vue de là-haut, la cité ressemble à une fourmilière inondée ; on grouille, on patauge, on s’agite de partout.

Plongés dans leurs pensées, pressés d’atteindre un objectif inconnu, persuadés de leur utilité au sein de la Cité, ils s’ignorent ; pourtant quand l’un d’eux disparaît on prend sa place et rien n’a changé. La pluie s’amuse de tant d’obstination et redouble de bonne volonté.

 

 

 

 

 

- « La nouvelle se répand comme une traînée de poudre, la traversée de la soif vers notre belle cité est en marche. »

Le sourire de circonstance affiché par la présentatrice surmaquillée masque mal son inquiétude. Scotchée à son prompteur elle énonce :

- « Bien que nous ne disposions pas d’images en raison des lois interdisant à tout étranger de pénétrer sur le Continent, la rumeur s’amplifie. A l’heure où je vous parle, des dizaines de milliers d’individus se regrouperaient pour se diriger vers notre belle Cité. Pour évoquer la situation, je reçois notre ministre des affaires étrangères et T.M. dernier ethnologue à s’être intéressé au Continent. » Comme soulagée d’un poids, presque en soupirant :

-« Bonsoir messieurs. »

Le gros plan suivant montre un homme aux yeux globuleux qui semble étouffer dans son costume dernier cri. Des gouttes de sueur perlent sur ses joues trop grasses tandis qu’un rictus lui traverse le visage :

-« Bonsoir à tous », aboie-t-il en s’éclaircissant la gorge.

T.M., les yeux plissés le dévisage comme surpris que l’on puisse parler de bon-soir en de telles circonstances.

L’homme de pouvoir, désormais plus habitué aux longues après-midi gastronomiques qu’aux longs discours joint ses mains et poursuit :

-« Je tiens avant tout à rassurer la population. Il ne s’agit pour l’instant que d’une rumeur qui comme chacun le sait est une information non vérifiée pour ne pas dire fausse. Le manque de données, l’opacité de tels régimes

nous obligent à la plus grande prudence et nous devons nous tenir à notre devoir de réserve. Le gouvernement se réunit tout à l’heure et nous déciderons de la marche à suivre… ».

T.M., par nature impassible le coupe d’un ton sec :

- « Pouvez-vous affirmer monsieur que vous et vos collègues n’étiez pas renseignés bien avant aujourd’hui sur le manque d’eau qui assoiffe le Continent, sur ces rassemblements de masse potentiels / »

-« Quelques heures tout au plus avant que la nouvelle soit divulguée sur cette antenne ; vous connaissez comme moi notre devoir de transparence. »

Le vieux sage esquisse une moue dubitative puis reprend :

-« Pouvez-vous alors nous expliquer pourquoi, il y quelques mois, alors que je tentais de prévenir nos concitoyens une vaste campagne visant à me discréditer m’obligea au silence ? Un simple universitaire détiendrait-il plus de preuves que vos satellites ?

L’autre, les mains de plus en plus crispées devient rouge :

-« Mon cher, avec tout le respect que suscite votre parcours, nous parlons d’une affaire d’état si, je le répète, le phénomène venait à se préciser. Comment aurions-nous pu vous laisser affoler la population en ressassant ces arguments d’un temps passé ? »

Les yeux du scientifique pétillent de malice ; le poisson d’élevage mord décidément de plus en plus facilement :

-« Monsieur le Ministre, vous faite bien d’évoquer un temps révolu mais votre ignorance du passé ne conduit-elle pas à votre incompréhension du présent ? Voilà plus de quarante ans que je contemple ce Continent : le pillage que l’on y a fait/ »

Le costard explose :

-« Comment osez vous parler de pillage alors que nous les avons toujours soutenus, qu’ils devenaient de plus en plus agressifs et qu’ils ont refusé notre aide lorsqu’on leur tendait la main ! »

« - Peut-être qu’ils avaient déjà essayé l’autre… mais permettez. Voilà quinze ans que la sécheresse s’est développée et pris une ampleur inouïe ! Pensiez-vous qu’ils allaient se laisser crever ? Jusqu’à quand pensiez-vous cacher la vérité ? »

L’homme des palaces habitué à causer avec des artistes et des journalistes à ses bottes accuse le coup, hébété, la bouche grande ouverte. Ce type d’intervention était donc encore permis à une heure de grande écoute ? Le vieux rusé savait qu’il n’en avait plus pour longtemps.

La présentatrice, dirigée par son oreillette, mûe par tout son professionnalisme, le sourire figé, enchaîne sur « une heureuse nouvelle » :

-«Là où coule une rivière, notre Président aurait rencontré sa future épouse lors de l’un de ces déplacements diplomatiques qu’il affectionne tant. Des bruits de couloir annoncent un prochain mariage. Affaire à suivre… » Elle lit, elle fixe, elle fixe, elle lit dans un léger hochement de tête.

T.M. s’est levé, les épaules bien droites malgré la lassitude qui l’envahit. Il sait qu’ils seront dehors à l’attendre. Il aura fait ce qu’il pouvait. Le gros, pour sauver la face le fixe, écoeurant de suffisance, comme lui avait appris son père.

 

 

 

 

 

 


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Chapitre 2

 

 

Il éteint sa vieille téloche. Un sacré sens du sacrifice le vieux. Troublant. Depuis que la peine de mort avait été rétablie son intervention tenait du suicide. Donner… pour les autres. Il y a des années son frère J. voulut séparer ses parents qui adoraient se tabasser en famille. Deux mois d’hôpital. Quel con ! J. prétendait en écho d’une organisation religieuse sectaire que le don de soi, la famille, l’amour devaient revenir au centre de nos préoccupations. Le pauvre oubliait que ceux qui l’avaient convertis étaient les premiers à faire cracher les autres et à débiter un ramassis de conneries. Et ma gueule !!!

Depuis longtemps, regarder les infos le confortait dans une vieille révolte transformée depuis en coupable léthargie. Pourtant cette fois-ci le malaise persistait. Cette prise de risque déconsidérée dépassait ce qu’il avait pu imaginer. L’image de l’ancien à la peau burinée par le soleil flotte dans la pièce. Il y a quelques temps, lui aussi était parti sur le Continent mais qu’avait-il fait si ce n’est constater les dégâts pour revenir se terrer au cœur de la Cité.

Il s’étend sur matelas miteux posé à même le sol, les yeux rivés sur le plafond gonflé d’humidité. La pluie frappe aux carreaux trop fins, souhaitant s’incruster. La drogue commence à faire son effet et il se détache peu à peu des draps dégageant des relents de sueur séchée, une des senteurs si particulières de la marée. Le vacarme citadin s’évanouit dans le lointain. Il file à bord d’une goélette traversant un océan grisâtre qui se distingue à peine du brouillard qui l’entoure. Un crachin continu ruisselle sur son visage longiligne, salé. Pleure-t-il ? Peut-être. Le cri strident des mouettes raisonne tandis que le roulis des vagues l’apaise. Au loin un nuage noir tel un vaisseau fantôme. Ceci ne l’inquiète guère dans ce monde sans vie où chacun n’est que l’ombre de lui-même. Entouré de navires qui dépérissent, il se trouve seul sur l’océan. Grisé dans cet isolement, cette perspective le réjouit ; il frissonne de plaisir. Soudain le vent se lève et chasse les nuages trop belliqueux. Un soleil aveuglant l’éblouit. Comme ressuscité par l’astre les épaves gonflent leurs voiles et se dirigent vers lui. Les mouettes devenues agressives plongent en piquée dans sa direction. Un lointain fortin perché arme ses canons et tire à vue comme dans sa plus belle jeunesse. Petit à petit son bateau sombre. Avant de couler, il entrevoit des gens qui festoient sur les ponts des navires qui désormais l’encerclent. Il aimerait les rejoindre mais son corps ne répond plus. Leurs ricanements s’accordent à celui des oiseaux surexcités qui s’acharnent à leur tour. Des yeux moqueurs le dévisagent. D’un coup d’œil, il contemple son reflet. Son faciès l’écoeure, il coule.

Il sursaute. Sur son corps découvert, des gouttes tombent du plafond qui suinte. Dehors la nuit est tombée sur la Cité inondée.

13.05.2008

extraits folies à la dérive(suite1)

 

 

 
Sur le Continent, M., gamin plein de vie, parcourt la forêt à longueur de journée. Dernier fils de la famille, il baigne dans l’insouciance. Avec les autres gosses du village il chasse les oiseaux posés dans les plantations  avec une fronde fabriquée par son grand-père, la meilleure. Pendant des heures, ils guettent l’apparition des volatiles, prenant leur mission très au sérieux même si leurs cris  suffisent souvent à les éloigner.

 

L’animal majestueux, brillant de milles feux, sauta une nouvelle fois hors de l’eau et d’une main experte Samba le piqua. Rempli de fierté il se retourna vers son fils en brandissant le trophée. Sur la rive, les deux hommes sautaient de joie. Alors que Samba s’apprêtait à les rejoindre, l’animal encore frétillant sembla lancer un dernier appel. Aussitôt, comme par sorcellerie, quatre crocodiles se jetèrent à l’eau, sortis de nulle part. Samba, le dos tourné, le sourire éclatant n’aperçut pas le danger. Ton oncle hurla et se précipita vers lui. 

 

 

Ces  nuits là M. dormait d’un sommeil agité, peuplé de songes inquiétants où se croisaient dans la confusion sa grand-mère, des crocodiles, des corps mutilés, des flammes…

 

     Des années plus tard, parti étudier à la capitale, encouragé par son père intransigeant, M. revint passer ses vacances au village. Les effets de la sécheresse commençaient à être visibles. A travers les vitres du car, il contemplait les champs arides qui s’étendaient à perte de vue. Les quatre locataires qui partageaient avec lui un trente mètres carré n’avaient pas menti.

 

 

M. marqua un temps d’hésitation. Il commençait à douter. Comme beaucoup d’étudiants formatés dans la culture de la raison, offerte gracieusement par la Cité, les questions s'entrechoquaient sans qu’il puisse y répondre.

 

 

Son père, peiné par cette attitude n’en fut pas surpris. Nombre de jeunes, rentrés de la ville pour la fête annuelle, semblaient complètement désabusés.  La loi du monde moderne les avait condamnés à errer entre deux univers distincts, l’un qu’ils avaient quitté et l’autre qui ne les accepterai jamaisLes vitrines illuminées hantaient ses rêves, les progrès de la médecine dépassaient ses espérances, ce dieu unique, sauveur annoncé, séduisait une partie de son âme. Pourtant les bandes de gamins errants à D., livrés à eux-mêmes, augmentaient à vue d’œil. Les étudiants avec qui il partageait quelques mètres carrés craignaient pour leur avenir à la vue du nombre de diplômés sans emploi. Des marches contre la faim se multipliaient. Tous les jours, il encaissait sans broncher la suffisance des colons.

12.05.2008

extraits folies à la dérive(suite)

    Depuis longtemps, regarder les infos le confortait dans une vieille révolte transformée depuis en coupable léthargie. Pourtant cette fois-ci le malaise persistait. Cette prise de risque déconsidérée dépassait ce qu’il avait pu imaginer. L’image de l’ancien à la peau burinée par le soleil flotte dans la pièce. Il y a quelques temps, lui aussi était parti sur le Continent mais qu’avait-il fait si ce n’est constater les dégâts pour revenir se terrer au cœur de la  Cité.

                               

 

 

Il s’étend sur matelas miteux posé à même le sol, les yeux rivés sur le plafond gonflé d’humidité. La pluie frappe aux carreaux trop fins, souhaitant s’incruster. La drogue commence à faire son effet et il se détache peu à peu des draps dégageant des relents de sueur séchée,l' une des senteurs si particulières de la marée. Le vacarme citadin s’évanouit dans le lointain. Il file à bord d’une goélette traversant un océan grisâtrequi se distingue à peine du brouillard qui l’entoure. Un crachin continu ruisselle sur son visage longiligne, salé. Pleure-t-il ? Peut-être. Le cri strident des mouettes raisonne tandis que le roulis des vagues l’apaise.

 

 

    La vieille dame s’est levée depuis un bout de temps malgré la dose de médicaments qu’elle absorbe chaque soir. Elle dort en moyenne trois heures par nuit. Avec un grand verre d’eau, à jeun, elle avale son cachet du matin, son préféré, puis s’assoit sur son fauteuil à bascule. Elle cligne des yeux, souveraine sur son salon, sous sa couverture sur laquelle son chat ronronne.Quarante ans de mariage, elle soupire… elle  vient d’abréger les souffrances de son mari après ses quarante ans d’usine et ses  trois mois de retraite. Ils avaient enfin des projets…

 

Reste à ta place

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podcast
Desproges nous parle du talent littéraire du présentateur du 20h, PPDA;

quel talent!

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 "C'est sur ce quai-là, au 18, que mes bons parents firent de bien tristes affaires pendant l'hiver 92, ça nous remet loin. C'était un magasin de 'Modes, fleurs et plumes'. Y avait en tout comme modèles que trois chapeaux, dans une seule vitrine, on me l'a souvent raconté. La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C'est moi le printemps."

 

 

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"Je vais me tuer!" qu'il me prévenait quand sa peine lui semblait trop grande. Et puis il parvenait tout de même à la porter sa peine un peu plus loin comme un poids bien trop lourd pour lui, infiniment inutile, peine sur une route où il ne trouvait personne à qui en parler, tellement qu'elle était énorme et multiple. Il n'aurait pa su l'expliquer, c'était une peine qui dépassait son instruction." 

 

 

 

 

                     Céline a un style unique, inégalé et inégalable. Le genre humain est "lourd, lourd" et comment ne pas être d'accord avec lui?  

10.05.2008

frappe avec ta tête

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Miséreux descendants de l’animal

Acariens en masse gangrenée par le mal

Rebus humains d’une cité sans esprit

Initiateur d’une destruction future

                                     

                                         Objets de ma fureur tas de moisissures

                                         Nul ne peut comprendre ce que l’on prédit

                                          Espérer : un leurre

                                          Tourmentés par vos peurs

                                          Terrifiés dans votre malheur

                                          Etres d’un présent sans âmes

                                          Soyez les géniteurs de descendants infâmes

 

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Votre sourire que vous aimeriez de compassion ne l’aide en rien. Pour survivre, elle reprend sa respiration. Elle devient livide. Et vous ! Ingrat ! C’est le moment que vous choisissez pour partir dans un fou rire hystérique. Trop, c’est trop…  Elle sort sans avoir prononcé un seul mot.

« - Mes frères ! Ce n’est pas nous qui sommes fous ! Cette jeune fille qui va pratiquer un métier qu’elle déteste déjà  toute sa vie, n’est-elle pas habité d’une certaine folie. Ne finira-t-elle pas comme ses aînées, traitant leurs  patients comme de la simple marchandise avec un pourcentage de perte autorisé. Des détails tout çà, fixés par des normes fluctuantes. Un jour nous serons libérés. »

Un paradoxe. Un de plus, un de moins. N’as-tu pas lu  le doute dans les yeux du personnel soignant.

« - Mes frères ! La folie devrait être reconnue comme grandeur de l’âme  »

 Fou ? Pas fou ? Fou ? Pas fou ? Pile ? Face ?

 

On te poursuit pour un homicide volontaire. Un carnage. Tu disais que tu trouvais tout trop blanc. Par contre, personne ne parle des sévices infligés aux pensionnaires de l’établissement. Nous sommes loin, trop loin, Dis toi bien que tout est fait pour que tu saches juste ce qu’il  faut pour que tu te croies libre ; la vérité choquerait trop les consciences.

   Ouf ! Rassure toi tu es dans ton lit recouvert de sueur. Un mauvais rêve…

« - Tiens, tiens tu ne reconnais plus ta chambre. »

 


extraits folies à la dérive

 

   " Cité grisâtre ; un ciel opaque forme une toiture terrifiante pour celui qui y pénètre. L’ensemble des baraques se fond dans cette sombre atmosphère, plantées là, dans un bitume datant de l’après-guerre. Une brume épaisse les entoure, menaçant un jour de les écraser. Collées les unes aux autres, elles copulent dans cet espace rectiligne. Se reproduisent-elles à l’infini ? Personne ne peut le dire. L’épais brouillard qui écume la cité vous empêche d’en savoir plus. Les rares arbres dépourvus de verdure, balayés par le vent, connaissent peut-être la réponse. Beaucoup ont essayé de les questionner mais seul un craquement moqueur se fait entendre. Veulent-ils protéger leur secret ou vous cacher la vérité ? Seule la pluie qui se déverse toute la journée a le droit de leurs parler. Curieuse, elle rebondit sur les pavés, ruisselle, gagne leurs racines et comprend son utilité. Satisfaite, elle s’évapore, rejoint le ciel ; le mystère est bien gardé.......

 

 

 

Pourquoi écrit-il à ses heures perdues ? S’exprimer, séduire, créer ? Rien de tout çà. Sa plume lui permet de rester conscient. Le reste, tout le blabla au service d’une pensée unique absorbé durant la scolarité, il le vomit. Facile ? On vous emmerde.

 

   Réfugié dans sa piaule, il noircit des feuilles blanches qu’il relit, déchire. Recommencer. Assis à son bureau, le monde extérieur disparaît et la boule d’angoisse qui empoisonne son estomac s’envole. Une légèreté cotonneuse l’envahit et l’atmosphère pesante qui l’oppresse s’éloigne faisant place à une sensation de bien-être. Une drogue de plus, la meilleure.

  

Cloîtré dans cet univers débridé, il divague de plus en plus. Le fil de sa pensée dérive à la manière d’un voilier abandonné au gré du vent. Pourtant lorsque son esprit navigue ainsi une brise de liberté l’effleure. Le danger ? Palpable, il le sent à chaque instant. Aller au bout de ses idées le précipiterait dans le vide. Des regards désapprobateurs l’observent. Souhaitent-ils sa chute ? Qui sont-ils pour juger du haut de leur résignation ?

 

 - « La nouvelle se répand comme une traînée de poudre, la traversée de la soif vers notre belle cité est en marche. »

 

L’image que te renvoie le petit écran de ta petite personne et des autres ne sera jamais qu’une illusion supplémentaire, la plus néfaste.

 

Courbé pour son âge, il descend les marches une à une et repart à l’usine. Une ombre. Il se voit telle une illusion traversant le monde en un soupir. Se morfondre ; personne ne le plaint. A quoi bon, il s’apitoie assez sur son sort.

09.05.2008

Folies à la dérive



Salute, ces petites pages pour faire découvrir mes premiers textes et partager la passion de l'écrit sous toutes ces formes: 
 
 
 
 
Au coeur d'une cité imaginaire en pleine léthargie, la morosité et la résignation règne. Recroquevillée sur elle même, en pleine décadence, c'est soudain l'inquiétude. Des évènements extérieurs pourraient troubler sa triste tranquillité...Le narrateur, désabusé, évolue dans un univers complètement débridé. Par moment, comme tout le monde il croit perdre la raison. Mais ne serait-ce pas la cité qui sombre dans folie?
                                                      
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